En bref
Les 10 pays qui attirent le plus de retraités français sont le Portugal, l'Espagne, la Thaïlande, le Maroc, la Grèce, Madère, l'Île Maurice, le Sénégal, le Panama et Malte. Les budgets varient de 600 € à 1 900 €/mois selon la destination, avec une fiscalité pouvant descendre à 0 % (Thaïlande, Panama) ou 7 % (Grèce). Avec une pension de 1 500 €/mois, les destinations les plus accessibles et attractives sont le Maroc, la Grèce et le Portugal, où le même budget offre un niveau de vie nettement supérieur à la France.
Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de retraités français font le choix de s’installer à l’étranger. Les motivations varient, mais le moteur principal reste souvent le même : retrouver un pouvoir d’achat décent avec une pension qui, en France, peine à couvrir un loyer confortable et les dépenses courantes. Ce n’est pas une fuite, c’est un calcul rationnel. Et avec les bons critères en main, le projet devient nettement moins flou.
Cet article propose ce qui manque à la plupart des classements en circulation : un tableau comparatif chiffré avec budget réel, fiscalité concrète sur une pension de 1 500 €/mois, coût du visa et indices de santé, complété par une segmentation par profil de retraité et une section honnête sur les risques que personne ne détaille vraiment.
Pourquoi de plus en plus de retraités français font leurs valises ?
Le pouvoir d’achat comme moteur principal
La pension moyenne d’un retraité français tourne autour de 1 450 à 1 600 € net par mois en 2026. En Île-de-France, cette somme couvre à peine un loyer d’une chambre et les charges. En province, la situation est meilleure, mais les soins dentaires, les complémentaires santé et les petits plaisirs du quotidien rognent vite l’essentiel. À Lisbonne, à Chiang Mai ou à Agadir, la même pension permet un appartement confortable, des sorties régulières et une assurance santé solide, avec encore quelque chose de côté.
Ce que ça change vraiment sur le quotidien
Comparer des chiffres bruts ne suffit pas. Ce qui change concrètement, c’est la qualité de vie perçue au quotidien : pouvoir sortir au restaurant deux fois par semaine sans calculer, faire appel à quelqu’un pour le ménage ou une aide à domicile sans que ça soit un luxe, voyager dans la région sans entamer les réserves. Dans plusieurs des pays listés ci-dessous, un budget de 1 500 €/mois place un retraité français dans la classe moyenne confortable du pays d’accueil, ce qui change radicalement les interactions sociales et la vie au quotidien par rapport à rester en province française avec le même budget.
Comment on a construit ce classement
Budget mensuel tout compris
Le budget retenu ici intègre le loyer (appartement meublé d’une chambre en zone urbaine), l’alimentation, les transports locaux, les loisirs courants et une assurance santé expatrié de base. Il ne tient pas compte des voyages retour en France, des imprévus médicaux lourds ni des frais de relocalisation.
Fiscalité réelle sur une pension française de 1 500 €/mois
La fiscalité retenue correspond à l’imposition effective d’un célibataire percevant 1 500 € brut mensuel de pension française, après application de la convention fiscale bilatérale en vigueur avec la France. Les chiffres sont indicatifs et peuvent varier selon la composition du foyer, d’autres revenus ou des régimes spéciaux locaux.
Qualité des soins, sécurité, visa
L’indice de qualité des soins est issu des données Numbeo et de l’OMS. Le score de sécurité provient de l’indice Numbeo 2025-2026. Le coût du visa correspond au visa long séjour ou au visa retraité officiel lorsqu’il existe.
Le tableau comparatif des 10 destinations
| Pays | Budget mensuel (1 pers.) | Impôt sur 1 500 €/mois | Visa long séjour (coût) | Indice santé Numbeo | Indice sécurité Numbeo |
|---|---|---|---|---|---|
| Portugal | 1 100 à 1 400 € | 0 à 10 % (IFICI) | Visa D7, ~180 € | 62/100 | 65/100 |
| Espagne | 1 200 à 1 600 € | 15 à 19 % (barème général) | Visa non-lucratif, ~80 € | 72/100 | 60/100 |
| Thaïlande | 700 à 1 100 € | 0 % (convention fiscale) | LTR Visa, ~2 000 € | 67/100 | 61/100 |
| Maroc | 800 à 1 100 € | 0 à 8 % (abattement 80 %) | Carte de séjour, ~50 € | 55/100 | 55/100 |
| Grèce | 1 000 à 1 300 € | 7 % flat tax (statut spécial) | Visa D, ~80 € | 60/100 | 62/100 |
| Madère (Portugal) | 1 000 à 1 300 € | 0 à 10 % (IFICI) | Visa D7, ~180 € | 60/100 | 70/100 |
| Île Maurice | 1 400 à 1 900 € | 15 % (flat tax locale) | Occupation Permit, ~1 500 € | 52/100 | 53/100 |
| Sénégal | 600 à 900 € | 0 % (pas de convention active) | Carte de séjour, ~80 € | 40/100 | 48/100 |
| Panama | 900 à 1 300 € | 0 % (programme Pensionado) | Visa Pensionado, ~400 € | 57/100 | 50/100 |
| Malte | 1 300 à 1 700 € | 15 % (Programme résidence) | Résidence UE, ~275 € | 65/100 | 68/100 |
Les 10 pays en détail
1. Portugal, la valeur sûre, mais après la fin du NHR
Le Portugal reste la destination numéro un des retraités français, et ce n’est pas un hasard. Le cadre de vie, la douceur du climat (surtout au sud et dans l’Algarve), la facilité d’installation en zone euro et la proximité culturelle en font un choix naturel. Mais le régime NHR (Non-Habitual Resident), qui permettait dix ans d’exonération quasi-totale sur les pensions étrangères, a été supprimé fin 2023. Il a été remplacé par l’IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação e Inovação), centré sur les chercheurs et les professions qualifiées. Pour un retraité ordinaire, ce régime n’est généralement pas accessible.
Concrètement, un retraité français qui s’installe au Portugal en 2026 sera imposé sur sa pension selon le barème général portugais, avec une tranche à 13,25 % jusqu’à environ 7 700 € annuels et 18 % au-delà. Sur 1 500 €/mois, l’impôt effectif tourne autour de 8 à 12 %, ce qui reste modéré. Le budget de vie demeure attractif, surtout en dehors de Lisbonne et Porto, dont les loyers ont fortement augmenté ces trois ans.
2. Espagne, le compromis européen
L’Espagne séduit par sa diversité (Barcelone, les îles Canaries, Valence, le Pays Basque) et son système de santé parmi les meilleurs d’Europe. La pension française y est imposée en France, pas en Espagne, grâce à la convention fiscale franco-espagnole, sauf si le retraité acquiert la résidence fiscale espagnole et y perçoit d’autres revenus. Le coût de la vie a augmenté sensiblement depuis 2023, surtout dans les zones côtières. Comptez 1 200 à 1 600 €/mois pour vivre confortablement, davantage dans les grandes villes.
3. Thaïlande, le soleil à prix contenu, avec ses vraies contraintes
La Thaïlande reste l’une des destinations les moins chères : 700 à 1 100 €/mois suffisent pour vivre correctement à Chiang Mai ou Hua Hin. Le LTR Visa (Long-Term Resident), lancé en 2022 et renforcé depuis, est la voie la plus adaptée aux retraités. Il coûte environ 2 000 € tout compris (frais + dossier) et donne droit à un séjour de dix ans renouvelable, sans obligation de « border run ». Conditions : justifier d’un revenu passif de 80 000 USD par an ou d’un capital de 250 000 USD, ce qui exclut de nombreux petits retraités.
Attention à la mousson de juin à octobre dans le nord, et à la pollution atmosphérique (brûlis agricoles) de février à avril à Chiang Mai. Le système de santé des hôpitaux privés est de bonne qualité dans les grandes villes, mais il faut une assurance internationale solide : les tarifs sont élevés pour les étrangers.
4. Maroc, la proximité qui rassure
Trois heures de vol de Paris, une communauté française importante, une cuisine excellente et un coût de la vie parmi les plus bas du bassin méditerranéen : le Maroc coche beaucoup de cases. La pension française y bénéficie d’un abattement de 80 % sur le montant imposable au titre de la convention franco-marocaine, ce qui ramène l’imposition effective à très peu de chose sur 1 500 €/mois. L’accès aux soins dans les grandes villes (Casablanca, Marrakech, Rabat) est correct dans le secteur privé, mais l’hôpital public ne convient pas pour des pathologies complexes.
5. Grèce, la douceur de vivre à prix encore accessible
Depuis 2020, la Grèce propose un régime fiscal spécial pour les retraités étrangers : une flat tax de 7 % sur l’ensemble des revenus de source étrangère, pour une durée de quinze ans. C’est l’un des régimes les plus attractifs d’Europe pour un retraité français percevant une pension modeste. Athènes reste abordable, les îles comme la Crète ou Rhodes offrent un cadre exceptionnel pour moins de 1 300 €/mois. Le système de santé s’est amélioré depuis la crise, mais reste inégal entre Athènes et les zones rurales.
6. Madère, l’alternative au Portugal continental
Madère cumule les atouts du Portugal (zone euro, langue, sécurité, facilité administrative) avec un climat subtropical unique : pas de canicule l’été, pas de vrai hiver. Funchal est moins chère que Lisbonne d’environ 20 à 30 % pour le logement, et la communauté francophone y est active. Le régime IFICI s’applique dans les mêmes conditions qu’au Portugal continental. Le principal inconvénient est l’insularité : les vols retour vers la France sont plus coûteux et les soins hospitaliers très spécialisés nécessitent parfois un transfert vers le continent.
7. Île Maurice, le paradis, mais avec un budget à la hauteur
L’Île Maurice fascine, mais elle coûte cher. Pour y obtenir un statut de résident longue durée via l’Occupation Permit Retraité, il faut transférer au moins 1 500 USD par mois sur un compte mauricien. Le budget de vie pour un couple ne descend guère en dessous de 2 500 €/mois. La flat tax locale de 15 % s’applique, et les soins haut de gamme sont réservés au secteur privé. Une destination pour les retraités aisés, pas pour les budgets serrés.
8. Sénégal, la destination francophone qui monte
Dakar attire de plus en plus de retraités français, souvent ceux qui ont un lien affectif ou professionnel avec l’Afrique de l’Ouest. Le coût de la vie y est l’un des plus bas du classement : 600 à 900 €/mois suffisent pour vivre bien dans un quartier résidentiel. La langue française, la chaleur humaine et la communauté française structurée (lycée, associations) facilitent l’intégration. En revanche, l’indice de qualité des soins reste faible, la gestion administrative est complexe et les coupures d’électricité restent fréquentes hors des quartiers équipés.
9. Panama, l’outsider qui mérite attention
Le Panama est peu cité en France, mais son programme Pensionado est l’un des plus généreux au monde : réductions de 20 à 50 % sur les soins médicaux, les médicaments, les transports et les loisirs pour les retraités étrangers. La pension française n’est pas imposée au Panama (sous réserve de la convention fiscale). Panama City offre une infrastructure urbaine moderne, des hôpitaux privés de standard américain et un dollar comme monnaie (pas de risque de change). Le principal frein : la chaleur humide toute l’année et un isolement relatif pour un retraité sans l’anglais ou l’espagnol.
10. Malte, le pied-à-terre européen anglophone
Malte est la seule destination de la liste qui soit à la fois européenne, anglophone et méditerranéenne. Le programme Malta Retirement Programme (MRP) propose une flat tax de 15 % sur les pensions étrangères, avec un minimum d’impôt annuel de 7 500 €, ce qui n’est intéressant que si les revenus sont suffisamment élevés. Le coût de la vie a beaucoup augmenté ces cinq dernières années, mais Malte offre une sécurité excellente, des soins publics de qualité raisonnable et la liberté de circulation dans toute l’UE.
Quel pays selon votre profil ?
Vous avez moins de 1 200 €/mois de pension
Les destinations qui permettent de vivre correctement avec ce budget sont le Sénégal, le Maroc, la Thaïlande (hors frais de LTR Visa) et, en étant raisonnable, la Grèce hors saison touristique. Le Portugal devient juste avec ce budget en dehors des grandes villes. Évitez l’Île Maurice, Malte et Panama City sans revenus complémentaires.
Vous avez une pathologie chronique ou un besoin de suivi médical régulier
Privilégiez les destinations avec un système de santé solide et des spécialistes accessibles : Espagne, Portugal et Malte en premier lieu (UE, cartes européennes partiellement utiles, médecins formés à l’occidental). La Thaïlande convient si vous choisissez Chiang Mai ou Bangkok avec une assurance internationale couvrant les hôpitaux privés. Évitez le Sénégal ou le Maroc rural si vous avez besoin de soins réguliers lourds.
Vous partez en couple ou seul(e)
En couple, le budget par personne diminue significativement (loyer partagé, abonnements mutualisés) : Madère, la Grèce et l’Espagne deviennent très accessibles à deux avec 2 400 à 2 800 €/mois combinés. Seul(e), la communauté française sur place est un critère essentiel pour ne pas s’isoler : misez sur le Portugal, le Maroc ou le Sénégal, où les réseaux d’expatriés français sont très actifs.
Vous êtes retraité actif et souhaitez entreprendre ou investir
Le Panama (programme Pensionado + stabilité juridique), le Maroc (investissement immobilier et entrepreneuriat facilités pour les étrangers) et Malte (passerelle UE pour les activités en ligne) sont les meilleures options. La Thaïlande impose des restrictions strictes sur le travail et l’entrepreneuriat pour les étrangers, même avec un LTR Visa. Si vous envisagez de développer une activité complémentaire depuis l’étranger, renseignez-vous sur les marketplaces de services, un modèle économique de plus en plus adopté par les travailleurs indépendants expatriés.
Fiscalité internationale : ce que personne ne vous dit clairement
Devez-vous encore déclarer vos revenus en France une fois expatrié ?
Oui, dans la plupart des cas. Si vous percevez une pension versée par un organisme public français (fonctionnaire, régime de base public), la France conserve le droit d’imposition même si vous résidez à l’étranger, sauf convention fiscale contraire. Pour les pensions privées (régime général, AGIRC-ARRCO), la convention bilatérale détermine quel pays impose. Mais dans tous les cas, vous restez tenu de déclarer vos revenus mondiaux dans votre pays de résidence fiscale, et éventuellement de produire une déclaration simplifiée en France si vous y avez encore des revenus de source française.
CSG/CRDS sur les pensions à l’étranger : le piège à éviter
C’est le point que presque personne n’anticipe. La CSG et la CRDS sont prélevées à la source sur les pensions françaises, même pour les non-résidents, sauf si vous êtes affilié à un régime de sécurité sociale dans un pays ayant conclu un accord avec la France (UE, EEE, Suisse). Si vous vous installez en Thaïlande, au Maroc ou au Sénégal, vous continuez à payer CSG (6,6 %) et CRDS (0,5 %) sur votre pension, sans pouvoir les déduire nulle part. Sur 1 500 €/mois, cela représente environ 107 € prélevés automatiquement, que la plupart des retraités découvrent en consultant leur relevé. Ce mécanisme s’apparente à celui que décrit en détail notre analyse des pièges de la retraite progressive, où les prélèvements invisibles amputent significativement la pension nette perçue.
Conventions fiscales franco-X : concrètement, vous payez combien ?
La règle générale : si la convention fiscale attribue le droit d’imposition au pays de résidence, la France n’impose plus (ou impose avec un crédit d’impôt). Exemple concret : au Portugal avec l’IFICI, un retraité éligible paiera environ 10 % au Portugal et rien en France. En Grèce avec la flat tax à 7 %, il paiera 7 % en Grèce et rien en France. En Espagne sans régime spécial, la pension est imposée en France au taux normal, et potentiellement à nouveau en Espagne si la résidence fiscale y est établie, sauf mécanisme de neutralisation. Consultez impérativement un expert-comptable spécialisé non-résident avant tout départ.
Les risques concrets de l’expatriation retraite
Hospitalisation lourde hors UE : quel scénario sans couverture adaptée ?
Un séjour hospitalier de dix jours en soins intensifs dans un hôpital privé thaïlandais peut coûter entre 15 000 et 40 000 €. Sans assurance internationale, la facture est exigée avant la sortie. En zone UE (Espagne, Portugal, Grèce, Malte), la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) offre une couverture partielle pour les soins urgents, mais elle ne remplace pas une assurance expatrié complète, notamment pour les pathologies chroniques ou les hospitalisations programmées.
Rapatriement sanitaire : coûts réels
Un rapatriement médicalisé en avion sanitaire depuis la Thaïlande ou le Sénégal vers la France coûte en moyenne 30 000 à 80 000 €, selon la distance et l’état du patient. La plupart des assurances santé expatrié standard couvrent ce risque, mais lisez attentivement les exclusions : certains contrats excluent les pathologies préexistantes ou plafonnent le rapatriement. Vérifiez que votre contrat inclut explicitement le « rapatriement médical d’urgence » sans plafond, ou avec un plafond d’au moins 100 000 €.
La question qu’on n’ose pas poser : que se passe-t-il si vous devenez dépendant à l’étranger ?
C’est le vrai angle mort de l’expatriation retraite. À 70 ans, l’installation à l’étranger semble une évidence. À 82 ans avec des troubles cognitifs ou une mobilité réduite, les options se réduisent drastiquement. La plupart des pays hors UE n’ont pas de système de prise en charge de la dépendance comparable à la France. Les EHPAD privés existent au Maroc, au Sénégal ou en Thaïlande, mais leurs coûts sont souvent équivalents ou supérieurs à la France pour un niveau de qualité très variable. L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) française n’est pas versée aux résidents à l’étranger. Anticiper ce scénario dès le départ, avec un capital dédié ou une assurance dépendance, est indispensable.
Retour en France : quels droits retrouve-t-on ?
Le retour est possible à tout moment. Mais les droits à la Sécurité sociale ne se réactivent pas automatiquement à la seconde du retour : il faut réaffiliation, souvent via la Complémentaire santé solidaire ou un contrat privé dans l’intervalle. Si vous avez été absent plus de quelques années, votre dossier de retraite reste intact (la pension continue d’être versée), mais votre couverture maladie devra être rétablie. Prévenez la CPAM de votre future adresse en France et comptez deux à six semaines de délai de traitement.
Avant de partir : la checklist du projet bien ficelé
Le séjour test de trois mois : indispensable
C’est le conseil qui différencie les expatriations réussies des retours précipités. Passer trois mois sur place, idéalement hors saison touristique, permet de tester la chaleur en août à Marrakech, la mousson à Chiang Mai, l’isolement linguistique à Panama City ou la difficulté à trouver un médecin spécialiste en dehors de la capitale. Louez un appartement meublé à la semaine ou au mois, ne vendez pas votre logement en France avant ce test. Beaucoup de retraités ayant vendu rapidement l’ont regretté.
Ouvrir un compte bancaire local et s’installer au quotidien
Voici ce que chaque destination implique concrètement à l’arrivée :
- Portugal / Madère : ouverture d’un compte bancaire facile (BPI, Millenium BCP) sur présentation du passeport et d’un justificatif de domicile. SIM locale prépayée chez NOS ou MEO. Internet fibre très développé. Délai pour le visa D7 : 2 à 4 mois depuis la France.
- Espagne : nécessite un NIE (numéro d’identification étranger) pour ouvrir un compte. Démarches en consulat espagnol en France, délai 4 à 8 semaines. SIM chez Movistar ou Vodafone. Fibre disponible partout en ville.
- Thaïlande : compte bancaire possible chez Bangkok Bank ou Kasikorn Bank, mais souvent difficile sans preuve de visa long séjour. SIM prépayée chez AIS ou DTAC, excellente couverture 4G/5G. Internet très rapide dans les villes.
- Maroc : compte bancaire possible chez CIH Bank ou Attijariwafa Bank. Nécessite une carte de séjour. SIM chez Maroc Telecom. Fibre disponible dans les grandes villes, moins fiable dans les zones périphériques.
- Grèce : compte bancaire chez Piraeus Bank ou Alpha Bank sur présentation du passeport. SIM chez Cosmote. Délai de la carte de séjour UE : 2 à 3 mois.
Dans tous les cas, pensez à sécuriser vos coordonnées bancaires françaises avant le départ : une bonne compréhension des mécanismes de virement et de débit de votre compte vous évitera des mauvaises surprises lors des premiers transferts internationaux.
Conclusion : est-ce vraiment mieux qu’en France ?
La réponse honnête est : ça dépend de ce que vous recherchez, mais les chiffres parlent. Un retraité vivant en province française avec 1 500 €/mois consacre en moyenne 650 à 800 € au loyer et aux charges, laissant peu de marge pour les soins, les loisirs et l’imprévu. À Lisbonne (hors centre), à Thessalonique ou à Agadir, le même budget permet un appartement de deux pièces, une vie sociale active et une couverture santé correcte, avec 200 à 300 € d’économies mensuelles.
Cela dit, l’expatriation ne convient pas à tout le monde. L’éloignement familial, les risques médicaux en vieillissant et la complexité administrative sont des réalités à intégrer au calcul. Le bon projet, c’est celui qui a été testé sur le terrain, construit avec un conseiller fiscal spécialisé non-résident, et anticipé jusqu’au scénario de retour. Pas celui qui ressemble à une publicité pour un paradis fiscal avec piscine.
FAQ : Les 10 pays qui attirent le plus de retraités français
Quel est le pays le moins cher pour prendre sa retraite en tant que Français ?
La Thaïlande et le Maroc offrent les coûts de vie les plus bas, avec un budget mensuel confortable possible entre 800 et 1 200 €, mais la qualité d'accès aux soins spécialisés et les démarches de visa doivent impérativement être anticipées.
Doit-on encore déclarer ses revenus en France quand on est retraité à l'étranger ?
Oui, si vous n'avez pas officiellement transféré votre résidence fiscale, vous restez imposable en France ; même expatrié, certaines pensions restent soumises à la CSG/CRDS selon la convention fiscale applicable avec le pays d'accueil.
Le régime fiscal avantageux du Portugal est-il toujours valable en 2024-2025 ?
Le régime NHR (Non-Habitual Resident) a été supprimé fin 2023 et remplacé par l'IFICI, aux conditions plus restrictives ; les retraités français qui n'en bénéficiaient pas déjà doivent revoir leurs calculs avant de miser sur l'avantage fiscal portugais.
Que se passe-t-il si je tombe gravement malade ou deviens dépendant à l'étranger ?
Hors UE, une hospitalisation lourde sans assurance internationale adaptée peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros, et le rapatriement sanitaire seul dépasse souvent 15 000 € ; anticiper ce scénario avec une assurance expatrié spécifique est non négociable.
Comment tester un pays avant de s'y installer définitivement ?
Un séjour test de 3 mois minimum est vivement conseillé : il permet de vivre la saison creuse, de tester les démarches administratives réelles (compte bancaire, accès aux soins) et d'éviter une expatriation précipitée que l'on regretterait.